Je suis ta nature
des saignements dans la chambre noire
dans le trou où il y a la foire
l’amalgame du plaisir et du déséquilibre
l’hématome de l’euphorie
on laisse de côté les billevesées
ne me parle pas
prends-moi
je saigne de plaisir
mon liquide est contaminé
par ton désir et par le mien
il y a une création
de vagues en mon entre
des remous qui vont et viennent
avec sauvagerie
avec délicatesse
mer fâchée
mère douce
mer des mères
comme elle me surprend
oh qu’elle me cajole
tes doigts ont le touché frileux
de la rivière gelée
mais tout mon corps est un geyser
j’hypertermise le monde
ton corps est ma planète terre
et je tourne sur son axe
tu fertilises ma chair
comme si elle t’était intrinsèque
comme ta propre place agricole
ta machine vrombit sur
les motifs de ma peau
trace des lignes
dans les creux vides
qui vont et viennent encore
tu souffles sur le blanc
de mon épiderme
établissant ton âme
entre mes cuisses ouvertes d’esprit
en tornade, tu déferles sur ma vie
et pourtant adoucis ma chair tendue
ta bouche en
ressac
touche à mon cœur
petit organe
parvenant tant que possible
à faire surface
sous sa cage de chair rouge
si petit
mais battant si fort
et sans cesse
pour la proximité de tes lèvres
moi debout
ton visage couché
proche de la foire
on dirait un baiser
avec une seule langue
tu fais violence à mon corps
en l’espérant ardemment
en le rendant insatiable
de toi
frappe-moi avec tendresse
d’oublis et d’orgasmes
de désirs et d’instincts
aimée comme la vie
désirée comme un instrument
dernier cri
je crie je crie je crie
tu cries tu cries tu cries
que c’est bon
le verbe « crier l’orgasme »
au présent
le verbe « se libérer »
toutes nos chaînes sont rompues
nous étions esclaves
de nos organismes envieux
et pouvons hurler “liberté”
à travers nos sueurs
et nos corps en soubresauts
nous sommes émancipés
de l’Aliénation