La fenêtre

La fenêtre

Je te regarde par une fenêtre. Bien assise, un café à la main, les joues rougis.
Je te trouve beau. Cette lumière fait ressortir tes yeux.
Je m’attache à toi.
Je t’aime bien même, je dirais.
D’un simple regard au travers cette fenêtre aux parois infiniment grande, je rougis davantage.
Et soudain, cette fenêtre noircit tranquillement.
J’ai peur de te perdre de vue alors je panique.
La rougeur laisse place à une blancheur.
Je me rapproche de cette fenêtre rapidement et y pose mes doigts.
Elle se rallume doucement.
La panique me quitte lorsque je te vois à nouveau.
Tu es si beau dans cette immobilité.
Tu veux me parler, je le comprends rapidement au travers cette fenêtre.
Les signes sont clairs.

Même si tes mots sont beaux, attirants, attachants, je ne peux lire tes émotions.
Tu n’es pas vraiment là.
La fenêtre est la seule source de notre relation.

Le petit fils rouge est une onde.
Je voudrais te parler, mais je ne peux que t’écrire.
Je voudrais te caresser, mais je n’ai contact avec toi que dans ta liste.
J’aimerais que l’on brise cette fenêtre une bonne fois pour toute.
Que l’on s’assoie l’un en face de l’autre et que l’on comprenne aussi bien nos émotions quand on discute que on comprend des émojis lorsqu’on s’écrit.
Que l’on s’étreigne l’un de l’autre sous la lumière des étoiles et non sous celle de notre téléphone.
J’aimerais que parfois, on n’aille pas besoin de mots.
Que la musique nous ensorcelle,
Qu’elle soit naturelle et qu’elle vienne de nos corps, pas de nos haut-parleurs.
Que tu me fasses vibrer comme notre moyen de communication.
Même si l’envie et les désirs sont forts.
Les fenêtres sont solides, sécuritaires et réconfortantes.
Et nous avons peur de les franchir.
Cette peur est tel un orage dans la nuit.
Celui qui terrifiant.
Qui te force à rester à l’intérieur et d’éviter toutes sorties.
Celui qui provoquerait une panne de courant.
Et qui m’empêcherais ainsi de lire tes doux mots.
Lorsque cet orage se dissipera dans la confiance et la tendresse de ton cœur, tu sortiras.
En ouvrant simplement la fenêtre.
Tu n’avais pas remarqué avant mais celle-ci donne sur une plage.
Et ce jour en découvrant que la vie est plus grande qu’un simple rectangle lumineux, tu me croiseras par hasard.
Les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, les lèvres contre les lèvres, enfin.
Sans un mot.
Car nous nous sommes tout dit déjà. Et les cœurs sont silencieux.
Pas nos corps.
Et on réalisera que la chaleur de ceux-ci s’évacue mieux lorsque les fenêtres sont ouvertes.

 

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