Je n’ai pas besoin de toi
Et c’est pour cela
Qu’en ce jour d’été
Chaud comme jamais
Le vent dans les cheveux
Sur une route de campagne
Longue et isolée
Dans une belle décapotable rouge louée
J’ai mis ma playlist érotique
En séchant mes larmes
À fond dans mon système de son
Des bruits sauvages
Des bruits sensuels
Des bruits de sexe
Dans mes oreilles
À ce moment
J’ai plongé la main dans cette boîte
De vieux trésors
Que tu m’as laissée en te quittant ce matin
Ces adieux ne méritaient pas de célébration
Jusqu’à ce que la colère me gagne
Et tout le monde sait que la colère est un vice
Et les vices sont aphrodisiaques
Une recherche à l’aveugle
Dans cette boîte d’objets à oublier
La musique m’envahit
Elle me donne des frissons
Je cherche avec plus d’ardeur
Et soudain je sens du bout des doigts
Une texture douce, dure, froide et glissante à la fois
Je le prends si vite que je l’échappe presque
Je relève ma jupe
Descend ma dentelle jusqu’à mes chevilles
Je déverse de l’eau glacée sur ma partie brûlante de désir
Le cuir du banc contraste avec cette froideur
Mais elle se réchauffe bien vite
Sans attendre davantage
Je m’ondule au son de la musique et de la vibration
Ma voix se mêle à celle de la chanteuse en extase
Dans cette décapotable rouge
Le vent fait sécher ces gouttes qui perlent sur mon corps
Mes cheveux chatouillent mon cou
Ma conduite devient inégale
En appuyant plus fort sur l’accélérateur,
Sur l’objet de mon désir
Et sur le volume de ma radio
Je ne peux que succomber
Et c’est pendant ce long moment intime
Que je n’ai pu apercevoir les gyrophares qui me suivaient
Je me suis arrêtée
Tentée de tout cacher
Trop lentement
Ma dentelle à ma cheville n’est pas très discrète
Et que dire de la moiteur de mon banc
Oups
Il a probablement tout vu de toute façon
Et au moins
Ma colère s’est atténuée
Dans un souffle
Ou plutôt
Un geste
Cette boîte aux trésors n’aura jamais été aussi précieuse
De souvenirs
chauds