Tu m’avais dit: « peins moi ». Je savais dès lors que ça deviendrait problématique. Me voilà devant mon chevalet, préparant mes couleurs, mes pinceaux. La tête pleine de toi. Tu arrives, manteau long, teint radieux. Nous nous donnons la bise, échangeons des banalités. Tu remarques que tout est prêt. Tu retires doucement ton seul et unique vêtement. Maintenant en tenue d’Ève, tu t’avances doucement et sensuellement vers le lit, pour y poser, pour moi. Tu sais que je te désires, tu le savais lorsque tu l’avais proposé, que cette activité serait une torture pour moi. Ça t’amuses. Je m’assieds sur mon tabouret. Prenant un premier pinceau en tremblotant. Je m’exécute, peignant tes courbes, ton corps, ton essence. L’appartement est beaucoup trop petit et il est envahit par une aura de sensualité.
Au bout d’un certain temps, tu prends doucement forme sur ma toile. Tu t’ennuies un peu, tu décides de pimenter le tout en commençant à te caresser devant moi. Comme ça, sans rien dire. Me regardant dans les yeux, en ouvrant doucement tes jambes. Comme un ange me donnant accès à l’enfer. Tes doigts glissent le long de ton ventre, passant par ta poitrine, jusqu’à ta bouche. Tu les lèches, les mouilles. Puis ils prennent le chemin inverse, jusqu’à ton sexe. Je tente de continuer à peindre, étourdi par ton spectacle envoûtant. Tes doigts agiles frôlent ton clitoris, le gémissement qui en résulte est digne de la neuvième symphonie de Beethoven. Tu t’adonnes à ton plaisir comme si tu étais seule et tu mouilles mon lit, comme si c’était le tient. Je t’admire, l’art n’est plus au bout de mes pinceaux, il est au bout de tes doigts. L’art ce n’est plus la couleur de la peinture, mais la rougeur de tes joues lorsque l’excitation augmente ton rythme cardiaque. L’art n’est plus, tu es.
Tu atteins rapidement un premier orgasme. Tu te relève alors, regardant mon air béat et tu me dis: « pourquoi ne viens-tu pas créer de l’art ici, avec moi? » Je m’approche doucement, sentant les effluves de ton nectar. Je t’embrasse, tes lèvres goûtent ton plaisir. Ma bouche a envie de toi, elle veut te parcourir, te posséder. Je commence mon pèlerinage par ton cou. Puis je m’aventure vers tes seins. Je m’y attarde avec précautions, léchant et suçant ta poitrine généreuse. J’adore tes gémissements, chaque fois que mes lèvres frôlent ton corps et se dirigent vers le sud. Ils se font en crescendo, sachant que le meilleur est à venir. Je me retrouve enfin entre tes cuisses. Contemplant ton sexe merveilleux, déjà très humide. Je ne peux pas me retenir de goûter cette abondante cyprine. Ma bouche s’amuse. D’un orifice à l’autre. Mes doigts se mettent aussi de la partie. Je succionne, je lèche, je doigtes, j’ai envie tu jouisses dans ma bouche. Je te sens trembloter. Tes ongles s’agrippant dans ma chair. Je sens les spasmes incontrôlables dans tes jambes. Je sais que tu y es presque. Je donne tout ce que j’ai pour la finale. Ton sexe se contracte et je sens une vague de liquide remplir ma bouche, couler sur mon menton. Je t’en redemande et n’arrête pas. Je te donne ma chemise pour que tu puisses la mordiller et crier à l’intérieur pour éviter que mes voisins ne portent plainte, sachant que ces cris allaient être puissants.
Je me relève. Le visage détrempé, je t’admire. L’euphorie du plaisir commençant à se dissiper, je reprends doucement mes esprits et remarque mes mains entachées de peinture. Tu te lèves pour t’admirer dans le miroir. Nous éclatons de rire. L’œuvre d’art, n’est pas sur le chevalet, elle est sur ton corps. Celui-ci fut ma toile, pour le plus beau des tableaux. Pendant que tu essuies cette peinture, tu me mentionnes, en me regardant dans les yeux; « la prochaine fois, je préférerais qu’il y ait des rougeurs sur mes fesses, sans l’utilisation de la peinture rouge. »